Seyssel était le terminus absolu de la navigation sur le Haut-Rhône. Au-dessus, le fleuve devient innavigable. Pendant trois millénaires, tout ce qui montait ou descendait entre Lyon et la Savoie passait ici.

3 000
ans de navigation
12–18 h
Seyssel → Lyon (descente)
15 j – 1 mois
pour remonter
17
changements de rive
L'unique porte du Haut-Rhône
Seyssel, entre Ain et Haute-Savoie

Divisée en deux par le Rhône — une rive dans l'Ain, l'autre en Haute-Savoie — Seyssel était le terminus absolu de la navigation fluviale. En amont, les pertes du Rhône rendaient tout convoi impossible. Entre Seyssel et Genève, les marchandises transitaient par voie terrestre. Résultat : tous les échanges entre le bassin genevois et le reste de la France passaient par ses quais. Bois savoyard, asphalte naturel, pierre de Seyssel et vins à la descente vers Lyon ; sel de Méditerranée, soieries lyonnaises et produits coloniaux à la remontée vers la Savoie.

« Les habitants savaient lire le Rhône comme un almanach. »

P. Cuminal, Congrès du Rhône, Genève, 1929
La Seysselande
Née ici, construite pour ce fleuve
La Seysselande — 20 à 30 m · jusqu'à 90 tonnes
Construite par les justiers (charpentiers de marine) de Seyssel, elle tire son nom de la ville. Quille renforcée, formes arrondies : conçue pour les rapides et courants violents du Haut-Rhône. Les convois de sel pouvaient aligner une quinzaine de ces barques, tractées par 60 à 80 chevaux. C'est elle qui inspire aujourd'hui le Bateau le Seyssel.
La remontée — un effort de titans
Le halage, art et endurance

Ce que la descente faisait en 12 à 18 heures, la remontée le défaisait en 15 jours à un mois. Les bateaux chargés remontaient le courant tirés par des chevaux de trait depuis la berge — le halage. Entre Lyon et Seyssel, les convois devaient changer de rive 17 fois, manœuvre périlleuse effectuée par barque de passage. Un grand couteau fixé au collier de chaque cheval permettait de trancher la corde en urgence, si l'animal risquait d'être emporté par le fleuve.

« Le marinier savait lire le Rhône comme un livre. Chaque glouglou, chaque remous avait un sens qu'il avait appris enfant. »

P. Cuminal, Congrès du Rhône, Genève, 1929

En 1851, le dernier grand équipage cesse de naviguer. Le chemin de fer arrive en 1858 — et en vingt ans, 98 % des chevaux de halage disparaissent du Rhône.

Naviguez sur leurs traces

Le Bateau le Seyssel — inspiré des Seysselandes — vous emmène sur les mêmes eaux qu'arpentaient les mariniers d'autrefois.

Voir les croisières

Sources : Paul Dufournet, Le Monde alpin et rhodanien, 1993. — P. Cuminal, Congrès du Rhône, Genève, 1929. — isatis-de-seyssel.fr